Parce que la démocratie nous permet bien de choses, parce que les circonstances nous donnent tant de raisons de demander explications sur certains points restés jusqu'ici obscurs, nous avons bousculé un peu les habitudes, et avons réalisé pour vous une Interview caricaturale* avec son excellence Ahmed Abdallah Sambi (SEAAS) président de l'Union des Comores dont voici l'imaginaire : Monsieur le président, en dépit du respect que nous devons à votre honorable rang mais ne souffrez pas que nous passions outre aux salamalecs et aux fioritures que la politesse diplomatique exige. Permettez-nous d'aller droit à l'essentiel.
SEAAS : Je vous en prie ! Allez-y !
Merci ! Monsieur le président, au jour d'aujourd'hui, 6juillet 2010 les Comores fêtent 35ans depuis son indépendance. Une indépendance qui aux yeux de tous reste inachevée. Une indépendance mal acquise et mal gérée. Vous êtes depuis plus de 4 ans à la tête de l'Etat. Quel bilan peut-on tiré de votre mandat ?
S.E.A.A.Sambi : L'heure du bilan a sonné mais elle n'est pas encore arrivée. Il nous reste, à mon équipe et moi encore du temps. Nous avons beaucoup de projets pour ce pays. Nous pensons les finir avant. Alors plutôt parler de bilan parlons de nos perspectives à venir. Chaque chose a son temps et chaque temps a sa chose.
Monsieur le président, pardonnez nous mais le temps qui vous a été imparti est fini. Vous aviez été élu pour un mandat de 4ans. Là maintenant vous jouez les prolongations. Pensez-vous pouvoir faire dans quelques mois ce que vous n'avez pas pu faire 4ans durant ?
S.E.A.A.Sambi : Parce que selon vous les prolongations ne font pas parti du match ? C'est un temps très décisif le temps des prolongations ! Tout peut basculer d'une minute à l'autre. D'ailleurs c'est pendant ce temps qu'on départît les équipes.
Monsieur le président, qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
S.E.A.A.Sambi: Wait and see! “tsimhambiyani wka mtso wona ntrongo kamwe kamwa paro zona.” Je vous l'ai dit que vous verrez des choses que vous n'aurez jamais vues auparavant!
Vous avez enfin parvenu à un accord sur le chronogramme sur l'organisation des élections. Donc, vous allez devoir céder la place à un mohélien monsieur le président, qu'attendez-vous de votre successeur monsieur le président ?
S.E.A.A.Sambi : Nous sommes une équipe, cher ami. Au lieu de parler de successeur disons mon poursuivant ! Ce que l'on ne nous a pas laissé le temps de faire durant le premier mandat, nous comptons l'achever dans le prochain. Peu importe la personne ou son origine insulaire. Nous sommes une équipe soudée. Les Comores aujourd'hui ne sont pas dirigés par un seul homme mais par une équipe.
Le pensez-vous réellement que ce que vous avez fait durant votre mandat sied mieux à ce que vous avez promis durant les campagnes pour que les comoriens vous redonnent encore confiance ?
N'avez-vous pas le sentiment d'avoir déçu ?
S.E.A.A.Sambi : Parce que vous non ? Etes-vous déçu vous ?
Etes-vous en face d'un peuple déçu ? Ne voyez-vous pas combien nous sommes populaires ! Nous avons réussi à faire passer notre reforme constitutionnelle ! Nous sommes majoritaires à l'assemblée nationale.
Vous ne trouvez pas que ce que nous avons fait jusque là mérite des applaudissements ?
Comme quoi ?
S.E.A.A.Sambi : Nous avons délogé le rebelle de Mohamed Bacar et ramené Anjouan et les anjouanais dans la Raison.
Nous avons harmonisé les élections, qui coûtaient chères à l'Etat.
Nous avons fait revenir les institutions internationales. FMI et Banque mondiale. Nous avons découvert d'autres voies et moyens de faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'Etat notamment l'octroi des permis à des bateaux étrangers pour battre pavillon comorien, la vente de la citoyenneté comorienne (la citoyenneté économique),...etc.
Cette dernière intéressent nombreux parmi nos frères bédouins qui se montrent disposés à venir investir en tout moment chez nous. Beaucoup d'hommes d'affaires tapent à la porte des Comores aujourd'hui. Il suffit qu'on leur donne la chance de venir nous prouver de quoi ils sont capables. Jamais les Comores n'ont été aussi visibles qu'aujourd'hui !
Monsieur le président, durant votre mandat, certains le disent, que les COMORES ont « aumôné » et reçu plus d'argent que durant les mandats cumulés de vos précédents. En quoi a servi cet argent ? Où est-il passé ? Aucun de vos projets de campagne n'a été réalisé.
S.E.A.A.Sambi : L'argent que nos frères et amis arabes nous ont promis n'est pas encore rentré dans les caisses de l'Etat. Il attend toujours que le pays soit totalement stable. Que la paix soit garantie ! Que la justice soit renforcée. La corruption soit vaincue et endiguée. Nous sommes dans la bonne voie. Mais c'est pour cela qu'il faut encore redéployer des efforts. J'appelle au peuple comorien à un peu de patience. « Bonheur arrive à celui qui sait attendre ! » Néanmoins, les quelques miettes que l'on nous a données ont servi à payer une partie des émoluments des fonctionnaires de l'Etat et faciliter nos déplacements pour aller honorer les grands rendez-vous où était attendu le pays.
Et noter par ailleurs cette interpellation céleste qui dit: « ô homme ! Sache que tu ne mangeras qu'à la sueur de ton front et que tu ne récolteras que ce que tu auras semé ! »Nous, mon équipe et moi avons travaillé dur. C'est pour cette raison que nous refusons de céder aux chantages de toute nature, nous ne laisserons pas les fruits de nos efforts à d'autres personnes, de peur qu'ils ne soient dilapidés.
Mais l'Etat ne meurt jamais monsieur le président. Il y a toujours le principe de continuité. Celui qui viendra après vous pourrait continuer votre ½uvre, s'il la juge utile bien sûr !
S.E.A.A.Sambi : C'est justement parce que ce principe existe que j'appelle les comoriens à voter pour le candidat de mon choix, celui à qui j'ai confiance de pouvoir continuer mes projets. Ce serait une erreur que la regretteront les comoriens toute leur vie en votant pour une personne autre que celle que je choisirai. Car cela risque de créer des distorsions et des perturbations au niveau des accords conclus avec nos amis arabes, et atteindre aux relations que nous avons tissées avec.
Sauf votre respect monsieur le président mais, en votant pour Mohamed Abdouloihab, les grand-comoriens avaient voté pour le candidat de votre choix dans l'espoir de voir prendre fin les crises à répétitions sur les partages de compétences.
Dans ses discours de campagne même il disait n'avoir de projets que les vôtres. Les comoriens attendaient de votre tandem une parfaite harmonie. Mais leurs espoirs se sont vus envoler et leur rêve écourter. Vous êtes devenus ce que vous êtes aujourd'hui. Des Frères ennemis. Chacun rejette la merde sur la figure de l'autre.
Qu'est-ce qui garantit aux comoriens que ça ne va pas se répéter avec le mohélien de votre choix ? En outre, les accords conclus et les relations tissées, est-ce fait au nom d'une équipe ou d'un Etat ? Car si c'est au nom d'un Etat, alors un Etat ne meurt jamais ! Donc vous n'avez rien à craindre.
S.E.A.A.Sambi: Mohamed Abdouloihab c'est un ingrat. Un inconscient notoire ! C'est quelqu'un qui ne fait qu'à sa tête. Par contre IKILILOU Dhoinine c'est quelqu'un de très reconnaissant. Il m'écoute bien. Je ne pense pas qu'après tout ce que j'ai fait pour lui ou tout ce que je lui ai laissé faire, il oserait me décevoir. En plus je serai son VP.
Monsieur le président, ces derniers temps des hommes d'état et de l'armée ont péri dans des circonstances mystérieuses et détestables. Les uns en prison, d'autres enlevés, puis tués et d'autres fusillés. D'autres hommes vivent sous le qui-vive et sous la peur ! Pourtant le citoyen comorien ne vivait sous autres formes de menaces outre la famine et la maladie. En tant que garant de la stabilité et de la sécurité du pays, quelles lectures donneriez-vous à ces horribles événements ?
S.E.A.A.Sambi : Ouvre un peu les yeux ! C'est intolérable que dans notre pays des particuliers se prennent pour des faiseurs et défaiseurs de lois. L'autorité ne supporte pas les troubles peu importe d'où ils viennent.
Mais noter tout simplement que nous sommes un peuple des croyants. Rien ne nous arrive sans la volonté de Dieu ! L'heure ne peut ni s'avancer d'une minute de plus ou se retarder d'une minute de moins. Tout est prédit ! C'est la seule lecture que je peux donner à ça.
Merci monsieur le président !
Ceci est l'½uvre de MOINDJIE Mohamed Ibrahim
*Une interview est dite caricaturale, si les questions comme les réponses ont été imaginées par l'auteur lui-même.






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